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Objectif et contenu de la base MANNO

L’invention des notations musicales occidentales au IXème siècle apparaît comme une conséquence de la réforme du chant des églises gallicanes dès le VIIIème siècle, elle fut en outre favorisée par la Renaissance des lettres à l’époque carolingienne. Dès l’origine les formes graphiques apparaissent diversifiées. La forme d’une graphie signe une appartenance, indique une origine et par conséquent transmet des informations utiles sur l’histoire des textes et des institutions religieuses, dans leur vie liturgique mais aussi intellectuelle. 

Le domaine des notations françaises est bordé au Nord et au Nord-Est par les notations lorraines et germaniques. A l’Est, il s’étend jusqu’au couloir du Rhône au-delà duquel il rencontre les notations italiennes et sangalliennes. Riche de ces contacts, la notation française présente des variétés de formes neumatiques qui permettent d’éclairer la localisation de manuscrits, liturgiques ou profanes, d'origine encore inconnue. Faisant suite aux relevés de Solange Corbin dans sa thèse inédite (La notation musicale neumatique. Les quatre provinces lyonnaises : Lyon, Rouen, Tours et Sens.Thèse de doctorat d’État, Paris, 1957) cette base recense les témoins les plus anciens de l’élaboration des signes de cette notation, jusqu’à leur mise sur la portée. Cette période correspond aussi à une effervescence de créations poétiques et musicales.

Les textes notés avant la fin du XIIème siècle sont des chants liturgiques, des poésies latines ou des exemples d’application de la théorie musicale. Ils ont été le plus souvent conservés dans les lieux où ils ont été copiés. La collection de la Bibliothèque nationale de France déborde le cadre local puisque, depuis sa création sous le règne de Charles V (1364-1380), elle a été sans cesse enrichie de volumes venus de toutes les régions. 

Dans les grands manuscrits, le plus souvent déjà connus, qui transmettent les répertoires liturgiques remontant à l’antiquité tardive et pour cela devenus universels, nous ne retenons sauf exceptions que les chants composés à partir de l’époque carolingienne (versets d’Alleluia, tropes, proses et séquences, et offices propres des saints) ainsi que les mentions de saints absents des sacramentaires grégoriens. En revanche les pièces notées dans des fragments ou sur des annotations marginales ont fait l’objet de relevés exhaustifs. Pour le confort de la recherche, l’orthographe latine classique a été restituée dans la base de données. La datation des additions de neumes est à considérer comme une estimation, susceptible d'être précisée et modifiée au gré des recherches ultérieures.

 

Responsabilité scientifique et partenaires du projet

Marie-Noël Colette (École pratique des hautes études, PSL) - Direction scientifique, rédaction des notices et saisie de la base de données.

Christelle Cazaux-Kowalski (Schola Cantorum de Bâle) - Codirection scientifique, rédaction des notices, relevés neumatiques (tableaux). 

Shin Nishimagi (Tokyo University of the Arts) - Travaux préparatoires (identification des sources, bibliographie et historiographie), rédaction de notices

Océane Boudeau (Universidade Nova de Lisbonne) et Leandra Scappaticci (†) - Rédaction de notices.

Remerciements pour leur soutien et leurs expertises aux conservateurs du Département des manuscrits de la BnF, à Christian Meyer (chargé de recherches au CNRS) et à Laura Albiero.  

Remerciements à Brigitte Mondrain, directeur de Saprat (EA 4116, EPHE-PSL), pour le financement et l'hébergement de la base de données.

 

Le catalogue des manuscrits notés en neumes français de la Bibliothèque nationale de France a bénéficié de 2008 à 2010 du soutien de l’Agence nationale de la Recherche (programme MANNO, 2008-2010). Les partenaires de ce programme étaient l'École pratique des hautes études (équipe de recherche SAPRAT, EA 4116), la Bibliothèque nationale de France (Département des manuscrits), l'Université de Nancy II (Centre de médiévistique Jean Schneider ERL 7229), l'Institut de recherche et d'histoire des textes. Coordination du programme ANR : Catherine Massip (École pratique des hautes études, PSL).